Historique du musée de Gien

Le 24 août 1944, la ville de Gien est libérée. Il est temps pour ses habitants de penser à l’avenir de la cité complètement détruite après les bombardements de 1940. Une vaste campagne de reconstruction est alors lancée. Au début des années 50, une affiche invite la population à réagir : « Giennois, votre ville meurt : ressuscitons-la… ». Ce slogan interpelle Pierre-Louis Duchartre, inspecteur principal des Musées de  France. Ce dernier cherche alors à créer un musée dédié à la présentation de tous les types de chasse, offrant un point de vue complémentaire au Musée de Senlis, consacré uniquement à la Vénerie.
Situé à proximité de la Sologne, de la forêt d’Orléans et de la Puisaye, le château de Gien semble donc tout indiqué pour accueillir ce nouveau musée. Le Musée de la Chasse à Tir et de la Fauconnerie est inauguré en 1952 et doit cohabiter avec le tribunal jusqu’en 1962. Henri de Linarès en devient le premier conservateur. Avec le départ du tribunal, le musée s’étend à tout le château et devient Musée International de la Chasse.
De gauche à droite, Pierre-Louis Duchartre, le docteur Pierre Dézarnault et Henri de Linarès, premier conservateur du musée en 1952
De gauche à droite, Pierre-Louis Duchartre, le docteur Pierre Dézarnault et Henri de Linarès, premier conservateur du musée en 1952
Les collections qui sont à l’origine de ce musée sont essentiellement des dons et des dépôts obtenus grâce aux relations d’Henri de Linarès et de Pierre-Louis Duchartre. Parmi les premiers dépôts, nous retrouvons l’important fonds issu de Sèvres, Cité de la Céramique présentant des œuvres d’Alexandre François Desportes (1661-1743), mais aussi en 1972 la donation des trophées de chasse de Claude Hettier de Boislambert (1906-1986). Des acquisitions viennent aussi enrichir les collections. Le musée de Gien devient Musée de France en 2002.
Géré pendant plusieurs années par la municipalité, le Musée International de la Chasse passe au Conseil départemental en 2004 et s’intitule désormais Château-Musée de Gien, Chasse, Histoire et Nature en Val de Loire, afin de recentrer la thématique sur la région. A partir de 2011 une campagne de restauration du château est lancée en commençant tout d’abord par le gros-œuvre pour se terminer par la muséographie. Cette dernière nécessitait d’être repensée et modernisée mais conserve une présentation des collections très largement dédiée à la chasse, fidèle à l’esprit insuflé par Henri de Linarès.
Ancienne salle d’accueil du musée international de la chasse
Ancienne salle d’accueil du musée international de la chasse
Les collections très diversifiées présentent les différentes techniques de chasse pratiquées en Val de Loire : la chasse au vol, la chasse à courre ou vénerie, et la chasse à tir. La grande tapisserie « Rappel des faucons » issue des tentures « Les chasses du roi François », les œuvres d’Alexandre François Desportes dont la grande « Chasse au loup » et dans la même thématique l’œuvre de son successeur Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) « La chasse au sanglier » illustrent ainsi ces modes de chasse. Sont aussi présentés des accessoires comme les trompes de chasse, des petits objets comme la collection de boutons de ie rassemblée par le Colonel Daguilhon-Pujol et pour la première fois quelques œufs extraits d’un ensemble regroupés par Jacques Bienaimé dans la première moitié du 19e siècle.
Les visiteurs peuvent aujourd’hui découvrir des collections très diversifiées
Les visiteurs peuvent aujourd’hui découvrir des collections très diversifiées
Après une campagne de travaux lancée en 2013 par le Conseil départemental, propriétaire du monument, le château-musée de Gien ouvre de nouveau ses portes au public le 22 avril 2017. C’est désormais un musée entièrement repensé dans une muséographie moderne qui s’offre à la curiosité des visiteurs. Les collections remarquables sur les techniques de chasses au vol, à courre et à tir sont aujourd’hui présentées pour les rendre accessibles à tous et replacer l’histoire de la chasse au cœur du Val de Loire.

Henri de Linarès

Chasseur et amoureux du beau, Henri de Linarès était conseiller en assurance. Peintre à ses heures perdues, il réalise de nombreux cartons pour la Maison Hermès, le plus célèbre étant le carré de Plumes. Grand chasseur et fin fusil, il s’adonne à la vénerie beaucoup plus tard. Il regretta longtemps un musée de la chasse représentatif de la chasse à tir et de la fauconnerie. Son ami Pierre-Louis Duchartre, lui connaissant tous ces talents (peintre et chasseur), lui confia le montage d’une exposition sur la chasse, au Palais des Glaces.Henri de Linarès « y montra ses connaissances cynégétiques, son talent et ses qualités d’organisateur ». Cette manifestation ayant connu un grand succès, Pierre-Louis Duchartre lui proposa de participer à la création du musée de la Chasse à tir et de la fauconnerie dès 1949. Ce qu’il accepta avec enthousiasme. C’est tout naturellement qu’il en est nommé conservateur en 1952.